Ce montage photo, réalisé le 11 juin 2026, montre Jean-Michel Aulas, à Lyon le 26 septembre 2025 et Véronique Sarselli, maire de Sainte-Foy-lès-Lyon et conseillère métropolitaine de Lyon, le 26 mars 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )
Bras de fer entre alliés: Jean-Michel Aulas, fragilisé par une plainte pour viol visant un de ses anciens conseillers, a refusé jeudi de se mettre en retrait de la Métropole de Lyon, malgré les appels de la présidente LR de cette institution et des élus de la majorité.
Candidat malheureux à la mairie de Lyon, l'ancien patron de l'OL est depuis mars premier vice-président de la Métropole en vertu d'un accord électoral avec la Républicaine Véronique Sarselli qui a ravi la puissante collectivité aux écologistes.
Leur alliance a volé en éclats jeudi, moins de 24 heures après les premiers articles sur une plainte pour viol par soumission chimique déposée par une jeune militante de la campagne Aulas contre son directeur de la communication.
"Compte-tenu de la gravité des accusations", Véronique Sarselli a demandé à rencontrer tôt jeudi matin trois élus métropolitains: Jean-Michel Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton, à qui la jeune militante s'était confiée à partir de février, sans que le mis en cause ne soit renvoyé de l'équipe de campagne.
Lors de cette réunion, "je leur ai demandé de se mettre en retrait de leurs fonctions représentatives de la Métropole de Lyon, en respect de la victime présumée et de l'institution qu'ils représentent", a écrit Véronique Sarselli, expliquant être "particulièrement sensible" à la question des violences sexuelles faites aux femmes.
D'après son entourage, cette mise en retrait implique de ne plus participer aux activités de la Métropole, en public comme en interne.
Véronique Sarselli a immédiatement reçu le soutien "plein et entier" des responsables des partis politiques formant sa majorité (LR, Horizons, UDI, Renaissance, Les centristes) qui ont "appelé à la prise de responsabilité de chacun".
"Douleur"
Tout en indiquant respecter "profondément" la Métropole et "la douleur" des victimes de violences sexuelles, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat leur ont rapidement opposé une fin de non recevoir.
"Nous ne pouvons (...) accepter cette demande de retrait", car "nous ne sommes ni mis en cause, ni impliqués dans la procédure judiciaire", ont-ils écrit dans un communiqué transmis à l'AFP.
Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon après le second tour des élections municipales de 2026 à Lyon, le 22 mars 2026 ( AFP / Alex MARTIN )
"Dès que nous avons été informés des faits par la plaignante (...) nous lui avons notamment clairement signifié qu'elle pouvait déposer plainte ce qu'elle n'a pas voulu faire dans un premier temps", ont-ils ajouté.
Jean-Michel Aulas avait déjà fait savoir qu'il avait alors interrogé son directeur de la communication et que ce dernier lui avait assuré que la relation avait été "consentie". Il "conteste fermement et avec sérénité toute accusation", selon son avocate Cosima Ouhioun.
Le président de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) et vice-président de la Fédération française de football avait aussi demandé à son conseiller de se tenir à l'écart du QG de campagne.
"Nous récusons donc toute interprétation tendant à transformer une connaissance partielle des faits en complicité ou en manquement à nos responsabilités", ont encore écrit Jean-Michel Aulas et Laure Cédat, en refusant de "valider une logique de présomption de culpabilité par association".
"Prendre la mesure"
Dans la soirée de jeudi, la pression s'est accentuée lors d'une réunion des conseillers métropolitains de la majorité, tous élus sous la bannière Grand cœur lyonnais derrière Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas.
A son issue, le groupe a publié un communiqué pour exprimer son soutien à la présidente de la Métropole et demander à son tour la mise en retrait de Jean-Michel Aulas.
Dans un message à l'AFP, l'intéressé a expliqué maintenir sa position.
Sans s'exprimer sur ce bras de fer, le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, réélu après une remontée spectaculaire dans les sondages, a jugé dans un entretien au journal Le Progrès que Jean-Michel Aulas et ses proches ne semblaient pas "avoir pris la mesure de la situation" lorsque la jeune militante était venue les voir.
"Au lieu de protéger les femmes, il a fait le choix de protéger un agresseur", a également critiqué sur X la député LFI Anaïs Belouassa Cherifi, qui fut elle aussi candidate à la mairie, évoquant une "faute politique et morale incompatible avec ses responsabilités".
Interrogé par l'AFP, le parquet n'a pas souhaité faire de commentaire.

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